Friday, July 10, 2009

De l'idéologie

Ho Chi Minh City, July 10th, 2009
Update d'une note de Mars 2009

Justice pour les Cambodgiens
Revisite d'une note glacée sur les dérives de l'idéologie, à l'occasion d'un article du Monde ("Justice pour les Cambodgiens"), posant quelques questions pertinentes:
"L'énigme de la terreur politique qui impose au peuple d'être heureux ou de disparaître (ce principe ayant été porté à la perfection par les Khmers rouges, qui ont "dépassé" Lénine et "sont allés plus loin" que Mao, le champ d'investigation est idéal pour les amateurs de révolutions). La séduction des dictateurs : Saloth Sar, alias Pol Pot, avait des mains délicates, une voix douce, un sourire agréable. Sihanouk le compare à un Landru dont les femmes naïves qui ont brûlé dans la cuisinière auraient été remplacées par le peuple cambodgien. La perversion jusqu'à l'absurdité du langage justifiant la perversion tout court: "On a libéré la liberté", déclare Nuon Chea, l'idéologue de la bande, qui ordonnait les mises à mort du centre de Tuol Sleng."

Phnom Penh, March 8th 2009

The Killing Field
Visite d'un site d'extermination à 15 km de Phnom Penh (The Killing Field), ou par mesure d'économie, les enfants n'étaient pas assassinés avec des balles mais tapés contre cet arbre puis jetés dans une fosse commune (dont on a retiré les os visibles en bas à droite de la photo).





Les bienfaits de l'idéologie.
Un quart de la population d'un pays massacré par des cinglés sanguinaires, animés par une idéologie, le communisme, qui avait alors l'appui formel de figures illustres comme Jean-Paul Sartre, fan de Pol Pot à ses premières heures...
Incompréhensible hérésie de la pensée que d'avoir donné à cette idéologie, comme à tant d'autres, des lettres de gloire tout à fait usurpées.
Quand on marche entre ces fosses communes, il est impossible de ne pas avoir les larmes aux yeux tant l'horreur de ce qui s'est passé à cet endroit est encore suitante.

Négationnisme quand tu nous tiens!
De quoi aussi renforcer une conviction déjà bien ancrée, la lutte contre le négationnisme est fondamentale. Du Darfour au Cambodge, en passant par l'Arménie ou le Rwanda, le phénomène du massacre de masse n'est pas, loin s'en faut, marginal. A ce titre, l'acceptation de négationnistes au sein des partis démocratiques belges (PS, MR, CdH) est une honte sans nom.

Sunday, July 05, 2009

Qui a envie que l'Iran se dote de l'arme atomique?

Quy Nhon, July 5th, 2009

Il y a parfois des éditos qui sont tellement parfaits que la seule chose à faire est de les reproduire dans leur intégralité..... Et au risque de se répéter, le régime iranien est en train de nous donner ici la démonstration parfaite qu'il faut tout faire pour que JAMAIS il n'acquière l'arme nucléaire.

A noter aussi, le processus habituel de répression de tout ce qui ressemble de près ou de loin à un intellectuel. Les régimes obscurantistes n'aiment pas les gens éduqués et, à l'instar de ce qui s'est passé au Cambodge, n'hésitent jamais à les supprimer quand leur niveau d'éducation, et donc de réflexion, devient un obstacle à ... l'obscurantisme.




"Editorial
Iran, la terreur
Article paru dans l'édition du 30.06.09 du Monde


En Iran, c'est l'heure de la terreur. Un régime à la légitimité de plus en plus contestée fait emprisonner, torturer et tuer. Comme s'il ne se sentait pas suffisamment fort et sûr de lui pour laisser un espace d'expression à une opposition légale, qui n'entend pourtant exister que dans le cadre de la République islamique.
Le président Mahmoud Ahmadinejad, avec le soutien du « Guide » spirituel du régime, l'ayatollah Ali Khamenei, a lâché ses chiens de garde. Cible désignée : tous les représentants de la vaste coalition d'opposants que l'ancien premier ministre, Mir Hossein Moussavi, avait réunie autour de son nom lors de l'élection présidentielle du 12 juin. Le fondamentaliste Ahmadinejad prétend l'avoir emporté au premier tour par 63 % des suffrages. Mais, avec une telle popularité, quel régime aurait besoin d'organiser pareille répression ?
Depuis que des millions d'Iraniens ont osé descendre dans la rue pour dénoncer la fraude électorale massive qui a marqué le scrutin du 12 juin, plus de 2 000 personnes ont déjà été arrêtées. Parmi elles, figurent certains ténors du camp réformateur : collaborateurs de M. Moussavi, anciens ministres, journalistes, universitaires, défenseurs des droits de l'homme. Mais, sur dénonciation des comités de quartier, sont aussi embarqués des Iraniens de tous âges, simplement soupçonnés d'avoir participé aux manifestations de juin.
Sinistre, le scénario est toujours le même : des hommes en civil armés qui, sans mandat d'aucune sorte, viennent procéder à ces interpellations à domicile, à toute heure du jour et de la nuit. Le pire est à craindre. Les pro-Ahmadinejad ont publiquement menacé les opposants d'exécution. Tabassage et torture sont monnaie courante dans les prisons. Dans nombre de cas, les personnes arrêtées ont purement et simplement disparu. Les Iraniens sont de nouveau soumis à l'arbitraire et à la violence des bassidji, ces milices du régime.
Il faut faire peur. Il faut soumettre une population éduquée et sophistiquée qui se reconnaît de moins en moins dans les proclamations illuminées de Mahmoud Ahmadinejad : quête de pureté islamique, obsession des complots de l'étranger, volonté de transformer la République islamique en une dictature islamique au sein de laquelle ne subsisterait plus aucun espace de liberté. Le régime s'en prend à l'Europe, faisant arrêter des Iraniens employés de l'ambassade de Grande-Bretagne ; il s'en prend à l'ONU, avec l'interpellation d'une collaboratrice locale. On espère des condamnations internationales, on attend un minimum de solidarité avec les Iraniens."