Ho Chi Minh City, 23 Octobre 2008
Extrait de l'Edito de la Libre Belgique:
"Aller plus loin que l'indignation"
Mis en ligne le 23/10/2008
Par Vincent Slits
On avait déjà vu bien des choses dans ce dossier Fortis ! Mais l'histoire de ce qui fut jadis un fleuron belgo-néerlandais de la finance et qui se sera finalement brisé net il y a un petit mois - victime de la crise bancaire mais aussi des rêves de grandeurs de quelques-uns et du manque de discernement d'un conseil d'administration par trop complaisant - vire désormais à l'écœurement.
La révélation hier par la presse flamande du fait que Gilbert Mittler, ancien directeur financier de Fortis, a quitté ses fonctions à l'été avec une prime de quatre millions d'euros est en effet l'eau qui fait déborder le vase de l'indignation d'un personnel déboussolé depuis un mois et d'actionnaires qui se retrouvent aujourd'hui avec des titres Fortis qui ne valent pratiquement plus rien.
En résumé, pour ceux qui suivent ce dossier Fortis ou lisent Collatéral, le blog qui trouve de plus en plus de raison de s'énerver dans l'actualité:
Acte I: Le gouvernement belge, au mépris du droit des sociétés, a organisé le démantèlement de Fortis, ruinant ses actionnaires et mettant ses employés à la merci de la BNP.
Acte II: Le gouvernement belge, apprenant qu'un des architectes du desastre Fortis touche un parachute doré de quatre millions d'Euro, clame son indignation mais se retranche derrière le respect du droit pour affirmer qu'il ne peux rien faire....
L'application de la loi à géométrie variable, c'est du belge....
Combien de temps ces ignominies vont elles durer sans réaction forte de la population????
Quatre millions d'euro, pour avoir contribué à mettre la première banque belge par terre??
Quelle est la prochaine étape de cette folie ambiante, l'impunité en cas de fraude fiscale dépassant le million d'euro?
Thursday, October 23, 2008
Sunday, October 12, 2008
La Belgique invente l'actionnariat à géométrie variable!!
Ho Chi Minh City, 12 Octobre 2008
Affaire Fortis(suite): Actionnariat à géométrie variable
Ne reculant pas devant les pistes les plus créatives pour contourner le droit des sociétés et plus particulièrement le droit des actionnaires, le gouvernement belge, en la personne de Didier Reynders, a introduit ce week-end la notion d'"actionnariat à géométrie variable".
En l'espace de deux semaines, on retrouve maintenant dans la jurisprudence belge six catégories d'actionnaires:
Actionnaire 1: le bon père de famille pas trop riche, type pre-juillet 2008.
Cet actionnaire Fortis ne peux posséder plus de 5.000 titres et doit les avoir acheté avant le 1er Juillet 2008. Il recevra d'ici 5 ans une miette de ce que l'état belge pourrait éventuellement récupérer de l'opération BNP, les termes de cet avantage étant trop nébuleux à cet instant pour que nous puissions en calculer l'importance.
Actionnaire 2 : le bon père de famille pas trop riche, type post-juillet 2008
Actionnaire Fortis aussi mais depuis moins longtemps, il a moins de droits que le premier car il ne récupérera même pas une miette de ce qui lui a été volé....
Actionnaire 3 : le bon père de famille plus aisé (à très aisé), cet actionnaire a le malheur de posséder plus que 5.000 titres, il a donc aussi peu de droits que l'actionnaire 2.
Actionnaire 4: les sociétés, fond commun de placement, fond de pension actionnaires Fortis rejoignent le lot peu privilégié des actionnaires 2 et 3.
Actionnaire 5: la classe la mieux lotie, faite de Communes et d'organes politiques liés au PSC. Cette actionnaire a ses fonds dans une autre banque, Dexia, qui souffrait des mêmes problèmes que Fortis mais, "actionnariat 5" oblige, a vu l'état mettre sa garantie dans la balance pour tirer ses actionnaires du mauvais trip dans lequel ils étaient engagés.
Ce super actionnaire a donc une garantie de l'état qui empêche son investissement de suivre la loi de l'offre et de la demande!!!
Actionnaire 6: l'actionnaire normal de toute autres sociétés. A ce jour il est mieux loti que le groupe 1 à 4 qui a tout de même vu la propriété de sa société se faire confisquer par l'état belge puis bradée au quart du prix... mais il est moins bien loti que l'actionnaire 5 dont l'investissement est doté d'un "cliquet anti baisse" en la personne de l'état belge lui-même.....
Conclusion : si vous ne faites pas partie du groupe 5, mieux vaut arrêter d'investir en Belgique.
Comme déjà expliqué plusieurs fois sur ce site, ce déni démocratique proféré par un Ministre des Finances qui déclarait il y a quelques semaines à peine que les banques belges étaient moins fragiles que les autres (sic) est la porte ouverte au retour des populismes les plus effrayants.
Affaire Fortis(suite): Actionnariat à géométrie variable
Ne reculant pas devant les pistes les plus créatives pour contourner le droit des sociétés et plus particulièrement le droit des actionnaires, le gouvernement belge, en la personne de Didier Reynders, a introduit ce week-end la notion d'"actionnariat à géométrie variable".
En l'espace de deux semaines, on retrouve maintenant dans la jurisprudence belge six catégories d'actionnaires:
Actionnaire 1: le bon père de famille pas trop riche, type pre-juillet 2008.
Cet actionnaire Fortis ne peux posséder plus de 5.000 titres et doit les avoir acheté avant le 1er Juillet 2008. Il recevra d'ici 5 ans une miette de ce que l'état belge pourrait éventuellement récupérer de l'opération BNP, les termes de cet avantage étant trop nébuleux à cet instant pour que nous puissions en calculer l'importance.
Actionnaire 2 : le bon père de famille pas trop riche, type post-juillet 2008
Actionnaire Fortis aussi mais depuis moins longtemps, il a moins de droits que le premier car il ne récupérera même pas une miette de ce qui lui a été volé....
Actionnaire 3 : le bon père de famille plus aisé (à très aisé), cet actionnaire a le malheur de posséder plus que 5.000 titres, il a donc aussi peu de droits que l'actionnaire 2.
Actionnaire 4: les sociétés, fond commun de placement, fond de pension actionnaires Fortis rejoignent le lot peu privilégié des actionnaires 2 et 3.
Actionnaire 5: la classe la mieux lotie, faite de Communes et d'organes politiques liés au PSC. Cette actionnaire a ses fonds dans une autre banque, Dexia, qui souffrait des mêmes problèmes que Fortis mais, "actionnariat 5" oblige, a vu l'état mettre sa garantie dans la balance pour tirer ses actionnaires du mauvais trip dans lequel ils étaient engagés.
Ce super actionnaire a donc une garantie de l'état qui empêche son investissement de suivre la loi de l'offre et de la demande!!!
Actionnaire 6: l'actionnaire normal de toute autres sociétés. A ce jour il est mieux loti que le groupe 1 à 4 qui a tout de même vu la propriété de sa société se faire confisquer par l'état belge puis bradée au quart du prix... mais il est moins bien loti que l'actionnaire 5 dont l'investissement est doté d'un "cliquet anti baisse" en la personne de l'état belge lui-même.....
Conclusion : si vous ne faites pas partie du groupe 5, mieux vaut arrêter d'investir en Belgique.
Comme déjà expliqué plusieurs fois sur ce site, ce déni démocratique proféré par un Ministre des Finances qui déclarait il y a quelques semaines à peine que les banques belges étaient moins fragiles que les autres (sic) est la porte ouverte au retour des populismes les plus effrayants.
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Gricha Safarian
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Friday, October 10, 2008
Pas de panique, nous remontons juste le temps...
Ho Chi Minh City, October 10, 2008
La machine à remonter le temps boursier
La vie était-elle un enfer en Belgique en Octobre 2003?
Et aux USA en Avril 2002, était-ce l'apocalypse?
Que non, le niveau du BEL 20 auquel nous sommes revenu aujourd'hui suite au "crash" est celui d'Octobre 2003 et le DJ lui nous ramène un peu plus loin à ses niveaux d'avril 2002.
Cette machine à remonter le temps boursier est d'une grande logique, on pourrait même dire que la "main invisible du marché" nous lance ce très sérieux rappel à l'ordre suite à trop d'années d'excès non régulés en tout genre.
La richesse batie par une utilisation excessive d'instruments dérivés de plus en plus sophistiqués a construit une richesse virtuelle qui ne reposait que de très loin sur une véritable création de valeur ajoutée.
Cette richesse vaporeuse, montée assez vite au dessus de la barre des milliers de milliard, vient subitement de disparaitre car elle n'a en fait jamais vraiment existé. C'était une richesse virtuelle basée sur l'hypothèse qu'un marché particulier, celui de l'immobilier, pouvait monter jusqu'au ciel et générer ainsi une fortune automatique, sans travail, sans prise de risque, sans utilisation d'un outil de production.
La bulle vient d'éclater, ce n'est ni la première, ni la dernière.
Aujourd'hui, nous en sommes à un retour 5 ans en arrière, gageons que la machine risque d'aller plus loin et de nous ramener à des niveaux d'indices boursiers que nous connaissions 10 ou 15 ans auparavant.
Et alors? L'activité économique d'il y a 10 ou 15 ans n'était pas catastrophique (on peut cette fois-ci refaire le même trajet en évitant les junk bonds SVP....).
Crise de confiance
Le plus gros risque de cette terrible crise de confiance, c'est bien sur d'avoir des gouvernants incompétents, l'exemple belge est assez flagrant, qui, par manque d'analyse, cèdent à la panique et aggravent la situation par leurs actions.
Un autre problème grave est le désordre européen, pas de nature à restaurer la confiance de marchés dont la caractéristique du jour est une panique aussi panurgique qu'irrationelle.
Heureusement, les gouverneurs des banques centrales du monde entier ne perdent pas leurs nerfs et donnent l'exemple même du sang froid.
Il est à espérer que le sang froid l'emporte sur la panique.
Les conditions sont en effet réunies en divers endroits d'Europe pour un retour en force des populismes les plus débectants, préalable inquiétant à des retours de manivelle extrémistes politiques et autres.....
La machine à remonter le temps boursier
La vie était-elle un enfer en Belgique en Octobre 2003?
Et aux USA en Avril 2002, était-ce l'apocalypse?
Que non, le niveau du BEL 20 auquel nous sommes revenu aujourd'hui suite au "crash" est celui d'Octobre 2003 et le DJ lui nous ramène un peu plus loin à ses niveaux d'avril 2002.
Cette machine à remonter le temps boursier est d'une grande logique, on pourrait même dire que la "main invisible du marché" nous lance ce très sérieux rappel à l'ordre suite à trop d'années d'excès non régulés en tout genre.
La richesse batie par une utilisation excessive d'instruments dérivés de plus en plus sophistiqués a construit une richesse virtuelle qui ne reposait que de très loin sur une véritable création de valeur ajoutée.
Cette richesse vaporeuse, montée assez vite au dessus de la barre des milliers de milliard, vient subitement de disparaitre car elle n'a en fait jamais vraiment existé. C'était une richesse virtuelle basée sur l'hypothèse qu'un marché particulier, celui de l'immobilier, pouvait monter jusqu'au ciel et générer ainsi une fortune automatique, sans travail, sans prise de risque, sans utilisation d'un outil de production.
La bulle vient d'éclater, ce n'est ni la première, ni la dernière.
Aujourd'hui, nous en sommes à un retour 5 ans en arrière, gageons que la machine risque d'aller plus loin et de nous ramener à des niveaux d'indices boursiers que nous connaissions 10 ou 15 ans auparavant.
Et alors? L'activité économique d'il y a 10 ou 15 ans n'était pas catastrophique (on peut cette fois-ci refaire le même trajet en évitant les junk bonds SVP....).
Crise de confiance
Le plus gros risque de cette terrible crise de confiance, c'est bien sur d'avoir des gouvernants incompétents, l'exemple belge est assez flagrant, qui, par manque d'analyse, cèdent à la panique et aggravent la situation par leurs actions.
Un autre problème grave est le désordre européen, pas de nature à restaurer la confiance de marchés dont la caractéristique du jour est une panique aussi panurgique qu'irrationelle.
Heureusement, les gouverneurs des banques centrales du monde entier ne perdent pas leurs nerfs et donnent l'exemple même du sang froid.
Il est à espérer que le sang froid l'emporte sur la panique.
Les conditions sont en effet réunies en divers endroits d'Europe pour un retour en force des populismes les plus débectants, préalable inquiétant à des retours de manivelle extrémistes politiques et autres.....
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Gricha Safarian
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Gestion de crise financière à la belge: le chèque cinéma....
Ho Chi Minh City, 10 Octobre 2008
Incompétence? Irresponsabilité? Les deux?
Comme le fait remarquer l'Echo dans son Edito de ce jour, le gouvernement belge vient de s'engager potentiellement pour un montant de 400 Milliards d'Euros en offrant sa garantie aux banques belges pour leurs prêts interbancaires.
400 milliards d'Euros, soit 580 milliards de dollars, à rapprocher du plan Paulson pour les USA.
"EDITO: Un plan Paulson à la belge...
Comme souvent, il y a deux manières de décrypter le nouvel acte de l’opération « Sauvez Dexia » qui s’est joué jeudi, au petit matin. Côté pile : les gouvernements belge, français et luxembourgeois ont fait preuve d’une remarquable créativité pour secourir la banque en péril, en lui promettant de garantir ses emprunts futurs. Ce faisant, ils semblent lui avoir donné un bon bol d’air, apprécié par les marchés boursiers. Dexia, plombée par sa filiale FSA, est-elle définitivement à l’abri ? Il est bien trop tôt, évidemment, pour l’affirmer.
Il n’empêche, en se disant prêt à étendre cette garantie aux autres grandes banques belges qui en auraient besoin, le gouvernement belge s’engage potentiellement pour des montants qui donnent le tournis : plus de 400 milliards d’euros, soit plus que la richesse créée dans notre pays pendant un an.
......"
On n'en finit pas d'énumérer les erreurs, manipulations, magouilles et incohérences d'un gouvernement (???) qui se réfugie derrière la crise financière mondiale pour échapper à ses responsabilités sans pourtant convaincre le moindre observateur attentif.
Le traitement à géométrie variable accordé à 3 jours d'intervalle aux dossiers Dexia et Fortis en est la preuve.
Mais avec cette extension de garantie "à toutes les banques belges", il faudrait tout de même commencer à faire attention à ce qu'on fait. Un engagement potentiel de 400 milliards, en plus de l'autre engagement déjà pris de rembourser tous les clients belges en cas de faillite bancaire, c'est un engagement que le gouvernement ne donne pas l'impression d'être capable d'honorer.
Et en tout cas l'imprécision de ses déclarations successives porte de moins en moins à prendre sa parole pour "argent comptant".
Le manque de confiance est donc croissant, avec effet concret et immédiat sur la gravité de la crise.
En effet, on est encore plus dans une crise de perte totale de confiance que dans une crise des fondamentaux. Et les incohérences imprécises du gouvernement ne peuvent qu'aggraver une situation déjà tellement tendue qu'on s'attend toutes les heures à la catastrophe finale.
Néanmoins, pendant ce temps, le Ministre des Finances organisait hier une conférence de presse sur les "chèques cinéma".
On croit rêver......
On voudrait rêver.....
Incompétence? Irresponsabilité? Les deux?
Comme le fait remarquer l'Echo dans son Edito de ce jour, le gouvernement belge vient de s'engager potentiellement pour un montant de 400 Milliards d'Euros en offrant sa garantie aux banques belges pour leurs prêts interbancaires.
400 milliards d'Euros, soit 580 milliards de dollars, à rapprocher du plan Paulson pour les USA.
"EDITO: Un plan Paulson à la belge...
Comme souvent, il y a deux manières de décrypter le nouvel acte de l’opération « Sauvez Dexia » qui s’est joué jeudi, au petit matin. Côté pile : les gouvernements belge, français et luxembourgeois ont fait preuve d’une remarquable créativité pour secourir la banque en péril, en lui promettant de garantir ses emprunts futurs. Ce faisant, ils semblent lui avoir donné un bon bol d’air, apprécié par les marchés boursiers. Dexia, plombée par sa filiale FSA, est-elle définitivement à l’abri ? Il est bien trop tôt, évidemment, pour l’affirmer.
Il n’empêche, en se disant prêt à étendre cette garantie aux autres grandes banques belges qui en auraient besoin, le gouvernement belge s’engage potentiellement pour des montants qui donnent le tournis : plus de 400 milliards d’euros, soit plus que la richesse créée dans notre pays pendant un an.
......"
On n'en finit pas d'énumérer les erreurs, manipulations, magouilles et incohérences d'un gouvernement (???) qui se réfugie derrière la crise financière mondiale pour échapper à ses responsabilités sans pourtant convaincre le moindre observateur attentif.
Le traitement à géométrie variable accordé à 3 jours d'intervalle aux dossiers Dexia et Fortis en est la preuve.
Mais avec cette extension de garantie "à toutes les banques belges", il faudrait tout de même commencer à faire attention à ce qu'on fait. Un engagement potentiel de 400 milliards, en plus de l'autre engagement déjà pris de rembourser tous les clients belges en cas de faillite bancaire, c'est un engagement que le gouvernement ne donne pas l'impression d'être capable d'honorer.
Et en tout cas l'imprécision de ses déclarations successives porte de moins en moins à prendre sa parole pour "argent comptant".
Le manque de confiance est donc croissant, avec effet concret et immédiat sur la gravité de la crise.
En effet, on est encore plus dans une crise de perte totale de confiance que dans une crise des fondamentaux. Et les incohérences imprécises du gouvernement ne peuvent qu'aggraver une situation déjà tellement tendue qu'on s'attend toutes les heures à la catastrophe finale.
Néanmoins, pendant ce temps, le Ministre des Finances organisait hier une conférence de presse sur les "chèques cinéma".
On croit rêver......
On voudrait rêver.....
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Gricha Safarian
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Thursday, October 09, 2008
Deux poids, deux mesures: Fortis et Dexia, magouilles anti-démocratiques
Ho Chi Minh City, le 9 Octobre 2008
La Belgique rentre dans le club très fermé des Républiques Bananières.
Le gouvernement belge voudrait créer une révolution sanglante au sein d'une population excédée qu'il ne s'y prendrait pas autrement.
Il y a quelques jours, Fortis a été dépecée en bonne et due forme, une partie offerte à vil prix aux Pays-Bas, l'autre à la BNP (qui déclare avoir fait cette acquisition au quart de sa valeur).
Par le biais d'une manipulation sur laquelle le gouvernement n'a pas encore osé s'expliquer, les actionnaires de Fortis, un demi millions de personnes en Belgique, se retrouvent propriétaires des actifs toxiques de la banque (subprimes titrisés) et de pas grand chose d'autre.
Crise financière oblige?
Bien sur que non.
Car aujourd'hui, stupéfaction générale, le sauvetage de Dexia est fait dans des conditions entièrement différentes. Pas de dépeçage, les Etats français, belges et luxembourgeois garantissent les prêts interbancaires, ce qui va automatiquement permettre à Dexia de se financer auprès des autres banques et éviter la faillite.
Deux poids deux mesures, d'un côtés les petits actionnaires, de l'autre les communes et le CVP.
La Belgique, une République Bananière, rien de plus, rien de moins.
La Belgique rentre dans le club très fermé des Républiques Bananières.
Le gouvernement belge voudrait créer une révolution sanglante au sein d'une population excédée qu'il ne s'y prendrait pas autrement.
Il y a quelques jours, Fortis a été dépecée en bonne et due forme, une partie offerte à vil prix aux Pays-Bas, l'autre à la BNP (qui déclare avoir fait cette acquisition au quart de sa valeur).
Par le biais d'une manipulation sur laquelle le gouvernement n'a pas encore osé s'expliquer, les actionnaires de Fortis, un demi millions de personnes en Belgique, se retrouvent propriétaires des actifs toxiques de la banque (subprimes titrisés) et de pas grand chose d'autre.
Crise financière oblige?
Bien sur que non.
Car aujourd'hui, stupéfaction générale, le sauvetage de Dexia est fait dans des conditions entièrement différentes. Pas de dépeçage, les Etats français, belges et luxembourgeois garantissent les prêts interbancaires, ce qui va automatiquement permettre à Dexia de se financer auprès des autres banques et éviter la faillite.
Deux poids deux mesures, d'un côtés les petits actionnaires, de l'autre les communes et le CVP.
La Belgique, une République Bananière, rien de plus, rien de moins.
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Tuesday, October 07, 2008
Fortis ou la tristesse de l'incompétence
Ho Chi Minh City, October 7th, 2008
Dans l'avion fou sans pilote qu'est devenu la Belgique, la traversée des turbulences financières va bientôt faire sa deuxième victime, Dexia...
Mais quid de la première?
L'opération de dépeçage improvisée par le gouvernement belge en faveur des Pays-bas et de la BNP provoque moultes questions.
"L'Etat néerlandais a-t-il organisé la chute de Fortis?" se demande Mischael Modrikamen, cité dans un article très complet de l'Echo.
"Il y a une responsabilité claire de l'Etat néerlandais dans cette déroute, avec peut-être un plan préétabli depuis des semaines pour nationaliser Fortis aux Pays-Bas. L'Etat néerlandais pourrait être tenu pour responsable d'une partie des pertes des actionnaires", affirme Mischaël Modrikamen, avocat spécialisé dans la défense des intérêts des actionnaires minoritaires.
"Vendredi passé, Fortis n'était pas en position difficile! Le groupe venait de toucher près de 17 milliards d'euros et allait retrouver une marge de manoeuvre de près de 50 milliards de liquidités... Mais le gouvernement Leterme a complétement paniqué ce week-end. Quant à l'organe de délibération de Fortis, il a tout simplement été mis hors jeu puisque c'est l'Etat qui a négocié la cession de la banque à BNP.
...................................................
Le dimanche soir, Leterme et BNP Paribas annonçaient la reprise, avant le conseil d'administration de Fortis qui devait se tenir dans la nuit de dimanche à lundi, en expliquant que c'était ça ou la faillite. C'est donc la panique, alors qu'elle nétait pas justifiée, qui explique la quasi liquidation de la première entreprise de Belgique", analyse l'avocat.
Dans cette histoire, on s'interroge avec angoisse sur la compétence des organes de gestion de Fortis, et encore plus sur la compétence du gouvernement belge qui, après avoir décidé de prendre les choses en main, se fait rouler dans la farine par le gouvernement hollandais et la BNP en moins d'une semaine.
Dans une crise qui est avant tout une crise de confiance, une telle incompétence, jointe à un tel manque de respect du droit des sociétés par le législateur lui-même ne peux que casser ce qui pouvait rester de confiance entre le gouvernement et la population.
Pour cette raison, à Collatéral, on ne donne pas cher de l'avenir de Dexia, bientôt la deuxième victime de la ruée vers ce qui reste de la Belgique des entreprises.
Mais surtout, on s'inquiète du Boulevard ainsi offert au retour des extrémismes politiques les plus détestables. Populisme et poujadisme vont s'en donner à coeur joie.
Et ce n'est pas les USA qu'il faudra alors mettre en cause, mais bien une grande incompétence, un manque flagrant de vision, bref, une non gouvernance du pays ... de la "Corporate Governance".....
Dans l'avion fou sans pilote qu'est devenu la Belgique, la traversée des turbulences financières va bientôt faire sa deuxième victime, Dexia...
Mais quid de la première?
L'opération de dépeçage improvisée par le gouvernement belge en faveur des Pays-bas et de la BNP provoque moultes questions.
"L'Etat néerlandais a-t-il organisé la chute de Fortis?" se demande Mischael Modrikamen, cité dans un article très complet de l'Echo.
"Il y a une responsabilité claire de l'Etat néerlandais dans cette déroute, avec peut-être un plan préétabli depuis des semaines pour nationaliser Fortis aux Pays-Bas. L'Etat néerlandais pourrait être tenu pour responsable d'une partie des pertes des actionnaires", affirme Mischaël Modrikamen, avocat spécialisé dans la défense des intérêts des actionnaires minoritaires.
"Vendredi passé, Fortis n'était pas en position difficile! Le groupe venait de toucher près de 17 milliards d'euros et allait retrouver une marge de manoeuvre de près de 50 milliards de liquidités... Mais le gouvernement Leterme a complétement paniqué ce week-end. Quant à l'organe de délibération de Fortis, il a tout simplement été mis hors jeu puisque c'est l'Etat qui a négocié la cession de la banque à BNP.
...................................................
Le dimanche soir, Leterme et BNP Paribas annonçaient la reprise, avant le conseil d'administration de Fortis qui devait se tenir dans la nuit de dimanche à lundi, en expliquant que c'était ça ou la faillite. C'est donc la panique, alors qu'elle nétait pas justifiée, qui explique la quasi liquidation de la première entreprise de Belgique", analyse l'avocat.
Dans cette histoire, on s'interroge avec angoisse sur la compétence des organes de gestion de Fortis, et encore plus sur la compétence du gouvernement belge qui, après avoir décidé de prendre les choses en main, se fait rouler dans la farine par le gouvernement hollandais et la BNP en moins d'une semaine.
Dans une crise qui est avant tout une crise de confiance, une telle incompétence, jointe à un tel manque de respect du droit des sociétés par le législateur lui-même ne peux que casser ce qui pouvait rester de confiance entre le gouvernement et la population.
Pour cette raison, à Collatéral, on ne donne pas cher de l'avenir de Dexia, bientôt la deuxième victime de la ruée vers ce qui reste de la Belgique des entreprises.
Mais surtout, on s'inquiète du Boulevard ainsi offert au retour des extrémismes politiques les plus détestables. Populisme et poujadisme vont s'en donner à coeur joie.
Et ce n'est pas les USA qu'il faudra alors mettre en cause, mais bien une grande incompétence, un manque flagrant de vision, bref, une non gouvernance du pays ... de la "Corporate Governance".....
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