Friday, April 20, 2007

Commémoration du génocide au Rwanda

La commémoration du génocide au Rwanda : s'engager

Jean PITZ
Mis en ligne le 20/04/2007- - - - - - - - - - -
Lors de la récente marche aux flambeaux organisée à Bruxelles, j'ai éprouvé un grand malaise. Celui d'être un des rares Européens disséminés parmi l'imposant groupe des Rwandais
Citoyen
Comme chaque 7 avril, la communauté Tutsi de Belgique a commémoré le drame du génocide de 1994 par une marche au flambeau, silencieuse et digne, qui a lieu dans les rues de Bruxelles, de la Place Royale à la Place Poelaert.
Depuis plusieurs années, j'y accompagne mon épouse née de mère Rwandaise. Et cette année, comme les années précédentes, j'ai éprouvé un grand malaise...
Celui d'être un des rares Européens disséminés parmi l'imposant groupe des Rwandais. Comme si le génocide des Tutsis, qui a fait près d'un million de morts en trois mois, ne nous concernait pas. Ou si peu. Comme si le génocide des Tutsis n'avait été qu'une lutte entre tribus éloignées perdues quelque part au bout du monde. Comme s'il s'était agi d'un problème purement rwando-rwandais. Comme si nous étions sourds et aveugles aux malheurs de nos frères les hommes.
Participer aux commémorations des grands drames de notre histoire récente me semble essentiel. Pour trois raisons.
D'abord, parce que notre présence est un signe de soutien aux survivants : des hommes et des femmes qui ont souffert dans leurs corps, dans leur âme et dans leur dignité; des hommes et des femmes qui, tous, ont perdu des êtres chers; des hommes et des femmes qui, s'ils n'étaient pas pris dans l'ignominie du carnage, ont vu l'horreur se perpétrer devant les caméras du monde et dans l'indifférence du monde. Et qui resteront marqués à jamais.
Ensuite, parce que notre présence est la preuve vivante pour tous les génocidaires que le monde n'a pas oublié, que le monde ne veut pas oublier, ne peut pas oublier. C'est aussi le signe tangible pour les trop nombreux négationnistes qu'aucun génocide, que ce soit celui des Arméniens, des Juifs ou des Tutsis, ne disparaîtra jamais des mémoires. Nous ne pouvons permettre que le négationnisme tue une deuxième fois les victimes en les précipitant dans l'oubli de l'histoire. Nous devons empêcher l'oubli.
Enfin, parce que notre présence est aussi le moyen de nous rappeler et de rappeler à nos concitoyens que si l'histoire s'est plusieurs fois répétée, nous ne pouvons plus admettre qu'elle se répète encore. Après la Shoah, combien n'ont-ils pas cru qu'une chose pareille "n'était plus possible", que les nations ne permettraient plus que de tels crimes se perpétuent, que les peuples de la terre se mobiliseraient à temps.
Garder notre attention en éveil, entretenir notre conscience du monde, partager notre sens de l'humain, clamer à la fois notre tolérance et notre refus de l'intolérance, être vigies des libertés et du respect : voilà comment nous ferons que le monde de demain pourra devenir meilleur que celui d'hier.
En tant que simples citoyens, nos moyens d'action face aux sanglantes injustices du monde sont bien faibles. Comment, par exemple, mettre un terme au drame du Darfour ? En signant des pétitions ? Certes, cela est important. En écrivant à nos élus politiques et en leur demandant des actes concrets ? Assurément; et ils y sont souvent sensibles.
Mais ces actions auront d'autant plus de poids qu'elles s'appuieront sur la participation aux grandes manifestations pour la dignité humaine, que celles-ci commémorent les injustices d'hier ou attirent l'attention sur celles en cours. Ces démonstrations soulignent que c'est l'ensemble de la communauté humaine qui s'insurge contre l'horreur, qui refuse l'oubli et qui crie "plus jamais ça".
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Sunday, April 08, 2007

En France, des millions de personnes vont voter pour un ex-tortionnaire sadique aux élections Présidentielles......

La mort d'Ahmed Moulay, mis à la « question » par Le Pen

Article paru dans l'édition du 04.05.02 - Le Monde


Le 2 mars 1957, son fils Mohammed Cherif, 12 ans, assiste au supplice.

"Mohammed Cherif Moulay avait tout juste 12 ans quand son père a été torturé à mort sous ses yeux, ceux de ses cinq frères et soeurs, ainsi que de leur mère, une nuit du printemps 1957. ........................
Aujourd'hui, Mohammed Cherif Moulay sort à nouveau du silence où il était volontairement retombé et se confie au Monde. La motivation de cet homme de 57 ans, jeune retraité de la Sonalgaz, est la même : faire savoir qui se cache derrière le candidat Le Pen.
En 1985, le chef du Front national venait de remporter un succès lors des élections européennes. La situation est plus grave à présent, estime-t-il : l'assassin de son père prétend entrer à l'Elysée, alors, dit-il, qu'il a « les mains pleines de sang ».

Il était environ 22 heures, le samedi 2 mars 1957, quand une unité de soldats parachutistes conduite par le lieutenant Le Pen fait irruption au 7, rue des Abencérages, une belle maison rectangulaire de style mauresque, située dans la casbah d'Alger. .................

Faute de trouver leur proie, Le Pen et ses paras s'étaient rabattus, la veille, sur le beau- frère d'Ahmed Moulay, Rachid Bahriz. Il sera torturé, entre autres, au chalumeau et ne peut, aujourd'hui encore, évoquer toute cette histoire sans s'écrouler...

LE SUPPLICE DE L'EAU

A la minute où Ahmed Moulay, 42 ans, artisan électricien, est arrêté, il comprend le sort qui l'attend. « Il a voulu mettre ses chaussures, mais les soldats lui ont dit : «C'est pas la peine», se souvient son fils. Ensuite, il a eu le temps de dire à ma mère : «Prends soin des enfants». » Roué de coups, puis entravé totalement nu entre deux des piliers du patio intérieur de la maison, Ahmed Moulay va être torturé devant ses enfants rassemblés autour de leur mère, 37 ans, qui porte dans ses bras sa dernière née, âgée de quatre mois.

On inflige au suspect le supplice de l'eau, qui consiste à le noyer en lui faisant ingurgiter des litres de liquide auquel on a ajouté du savon. « Mon père se débattait. Son ventre était devenu énorme. Un para lui sautait dessus à pieds joints. Dans la bouche, on lui avait mis une serviette qu'on lui retirait de temps en temps. Alors, il vomissait. Immédiatement après, on le gavait de nouveau de litres d'eau, et ainsi de suite », raconte celui qui n'avait alors que 12 ans.Le Pen lui criait de temps en temps : « Donne-nous un nom, et tu as ma parole de soldat que tu seras épargné ! ». ..........

L'agonie se termine vers trois heures du matin. « J'ai entendu un bruit métallique. On s'est précipité dans la rue, croyant qu'il s'agissait du rideau de fer du magasin qu'on venait de tirer. Seule, ma mère avait compris : c'était une rafale de mitraillette... » Dans la rue gît le corps martyrisé d'Ahmed Moulay, dont les enfants apprendront plus tard qu'il était un haut responsable politico-militaire au sein du FLN.................................."

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